De Tobago à la Martinique

Changement de décor pour les marins transatlantiques que nous devinrent, fin de l’oisiveté contemplative propre aux navigations au large, place au « chill » antillais (traduction littérale: se détendre, se relaxer !), et trop peu de temps consacré à de nouveaux articles du blog.
Nous avons été enjoués par notre île d’arrivée, Tobago (de Trinidad et Tobago), en particulier par Charlotteville et son mouillage au nom évocateur de Pirates’ Bay. Comme nous l’aurions pu croire, les habitants ne parlent pas espagnol, mais bien anglais: ce fut la première des nombreuses îles anglophones de cet arc Est caribéen.
Comme nous l’attendions, c’est aussi le début des destinations connues pour certains atouts appréciés des pirates des temps modernes: le soleil, un vent tiède et établi, de l’eau claire et chaude, des fruits tropicaux et du rhum.
Nous avons aussi pu voir pour la première fois du voyage des paysages tropicaux luxuriants, appréciable après les îles assez sèches et pelées de l’autre côté de l’Atlantique.
L’eau à 28 degrés pleine de nouveaux poissons colorés fut le signal déclencheur d’une de nos nouvelles activités phares: le palmes-masques-tuba. Comprenez ici balade sous-marine équipée, aussi appelé PMT ou encore snorkeling (étant donné notre penchant pour la langue de Shaekspeare, avec l’accent créole ou non).
Nous avons eu la chance de croiser la route de nombreux poissons, entre autres, des tortues, des raies pastenague et magnifiques raies aigle/léopard, quelques gentils requins dormeurs, des barracudas à la tête agressive, des langoustes curieuses ou cachées et d’autres poissons colorés du récif corallien.
C’est aussi de nouveaux mets culinaires aux couleurs locales, épices de Grenada, poissons fraîchement pêchés, et autres spécialités qui changent nos habitudes, du roti grenadien aux acras antillais.
Grenada
Cette grande île volcanique est une destination prisée des navigateurs anglo-saxons généralement fortunés, avec des baies bien abritées à la réputation d’abris à cyclone, mais l’île a toutefois fait les frais du cyclone Ivan en 2004, sans que nous puissions en distinguer beaucoup de traces lors de notre passage. Le climat tropical étant, nous avons pu apprécier la flore locale, des fleurs aux arbres fruitiers nourriciers tant attendus (en vrac: flamboyants, frangipaniers, fromagers, bougainvilliers, mancenillier (toxique, aïe aïe aïe!), arbre du voyageur, cocotiers, bananiers, manguiers, corossoliers, grenadilles : arbre ou liane du fruit de la passion (ou maracuja), les amandiers en bord de mer, orangers, citronniers, arbre à pain, caféiers, cacaoyer, châtaignes et abricots « pays », sans oublier le papayer, dont les fruits sont ouvertement boycottés par une partie de l’équipage pour cause d’odeur -voire goût- de vomi, mais en en oubliant une bonne partie quand même.
L’ambiance particulière ainsi que les fonds marins nous poussaient vers les Grenadines!
Grenadines
Assez conformes aux paysages de cartes postales, des magnifiques plages de sable blanc et leurs eaux transparentes, nous avons apprécié. Les Tobago Cays sont un ensemble d’îlots et de récifs, protégés par un statut de réserve marine. Et la réputation du lieu est méritée! Une vie sous-marine foisonnante, des tortues et de nouvelles surprises à chaque plongée, un régal (pour les yeux bien sûr, chasse et pêche interdites)!
Ce fut aussi les retrouvailles avec des bateaux-copains dans un super cadre, avec à la clé bonne ambiance et bonne humeur. Tout le monde temporise un peu aux Antilles, relaxe au mouillage, plongée, visites d’amis ou de la famille… si bien qu’on a réussi à recroiser pratiquement tous les bateaux qu’on avait rencontré sur la route. Bien sûr, Portoloin et Dizaon étaient de la partie, Arquipelago aussi. On a aussi fait la rencontre des joyeux lurons de Iala, copains de Portoloin. Et puis nous avons retrouvé aux Tobago Cays nos nouveaux copains guadeloupéens de Zigomar (investissement payant car ils nous  ont distillé de bonnes infos sur la Guadeloupe où on se rendra un peu plus tard, à lire dans le prochain numéro). On a raté Django de peu, nos amis First30tistes d’Arzal, mais heureusement on tombera sur eux à Fort de France, quelques jours plus tard!
Et comme souvent depuis le début du périple, à chaque fois qu’on se croise, on fête les retrouvailles, et deux jours plus tard, on fête les adieux, pas certains de se revoir de si tôt ! Éprouvants bateaux copains !!!
Un bon ami mordu de voile (on ne citera pas le Capitaine de Botlavan) leur ayant compté une de ses expériences, les garçons qui ne naviguaient pas encore assez à leur goût, se sont dit qu’ils allaient tenter de participer aux régates de Bequia, une île dans le nord des Grenadines. Alex et Yann ont trouvé leur place d’équipiers sur un « bateau pays », construit en bois brut par un passionné à Carriacou, tout en bois local, avec un poteau télégraphique en guise de mat et un autre arbre  pour la bôme (plus souple, qui fait crack quand on borde !). Le bateau et l’ambiance étaient sympathiques, mais le poids de notre coursier, certainement à l’origine de notre résultat… ne mérite pas qu’on s’y attarde ! Ce fut aussi l’occasion de se poser dans un endroit agréable, reprendre quelques habitudes terrestres ou encore postuler pour des emplois attirants en France.

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Nous sommes ensuite redescendus vers le sud des Grenadines pour profiter de lieux laissés de côté, le joli mouillage de Salt Whistle Bay à Mayreau, Chatham Bay sur l’île d’Union, et avons  retrouver nos copains marseillais d’Arquipelago. Puis nous sommes assez vite remonté vers le Nord, en direction de la Martinique, car nous souhaitions faire visiter le bateau … pour … le … vendre!
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Saint Vincent
En route, on a découvert quelques jolis mouillages de la côte sous le vent de St Vincent. Certains d’entre vous ont sans doute vu quelques uns de ces endroits dans les films de Pirates des Caraïbes. Nous avons croisé plus de Rastas que de Johnny Depp. Ambiance très sympa à Cumberland Bay où les boat boys (les locaux qui viennent à la rencontre des voiliers qui arrivent avec leur speed boat pour leur proposer tous types de services: mouillage, visite de l’île, poissons ou langoustes, herbes à planer, etc…) nous ont aidé à tirer une amarre à terre, et ont pris notre commande pour le restaurant sur la plage avant même qu’on ait mis un pied à terre !
Ambiance Bob Marley au restaurant, qui chante toute la soirée pendant que les locaux, souvent aidés de leurs longues dreadlocks, s’enfument l’esprit et dégustent ce fameux rhum, le Sunset, à 85° tout de même ! Le lendemain, balade sur les hauteurs de Cumberland avec les copains d’Archipelago, et superbes vues sur la baie. On visite l’école primaire avec la personne qui en a la garde pendant les vacances scolaires. On discute un peu du système scolaire local avant de redescendre à la plage et s’offrir comme souvent une bière avant de rentrer au bateau ! Essais de chasse sous-marine pour les ‘pitaines. Langoustes et poissons lions au menu.
Et enfin, après avoir laissé Sainte Lucie à tribord de nuit, nous sommes arrivés sur les côtes martiniquaises au lever du jour, laissant d’abord les Anses d’Arlet sur tribord, puis l’Anse mitan, ces mouillages qui faisaient partie des récits qui ont nourrit les envies de départ. Finalement nous atterrirons dans une Marina toute neuve, sans un arbre ni un café (mais de l’eau et de l’électricité pour mettre le bateau propre), juste une boulangerie pour nous rappeler le goût de la France, que nous retrouvons après quelques mois à l’étranger.
Et voilà notre fier destrier promis à de nouvelles aventures…
Adjugé ! Vendu ! Une nouvelle, et non des moindres, le bateau est vendu! Il a séduit Brigitte, qui devrait le prendre en main début Juillet. C’était le plan initial d’essayer de vendre le bateau de ce côté, et trouver preneur assez tôt, tout en le gardant jusqu’en Juillet, ce qui nous permet de continuer à naviguer encore un peu en y voyant plus clair sur la fin du voyage.
En attendant, on a continué vers la Guadeloupe, les Saintes, Marie-Galante… la Dominique… mais ça ce sera pour un prochain article !
L’équipe de Nijerez, qui s’excuse de ne pas avoir donner de nouvelles depuis un petit moment !
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5 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Philippe et fabienne dit :

    merci pour ce voyage matinale, 7H, c’est cool ! philippe

    >

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  2. Sylvain dit :

    Comme à chaque article, ……, on y retournerait bien …… surtout avec l’hiver pluvieux que nous avons eu……
    J’espère que la séparation avec le Nijerez ne sera pas trop dure surtout après tout ce que vous avez fait ensemble.
    Au plaisir de vous voir à La Turballe ou bien de vous lire ….

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  3. Moreau dit :

    Salut les voyageurs, c’est super de continuer à nous faire rêver au fil de vos découvertes des pays tropicaux du septentrion .
    Nous avons eu quelques nouvelles par Martin venu dîner vendredi dernier à la maison.
    Continuez à profiter des bons moments, des paysages et des belles rencontres.
    Bien à vous.
    Jean-Yves et Dominique

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  4. dbloblo dit :

    Article très sympa, superbes photos, « touristes » heureux.
    Préparez l’apéro, on arrive pour faire une dernière bise au Nijerez car pour voguer, il a bien besoin de bise !

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  5. muriel dit :

    vous avez osé, vous l’avez fait, bravo et merci de nous avoir fait voyager, photos magnifiques, ce voyage vivra toujours en vous, bonne continuation et au plaisir de vous revoir bientôt

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